Alimentation et santé chez l'Homme
Pour tous les êtres vivants (végétaux, animaux, êtres humains), la qualité de
l'alimentation a un impact sur la santé.
Alimentation saine
Pour l'Homme, une alimentation saine consiste à respecter
l'équilibre alimentaire, c'est-à-dire à consommer ni trop ni trop peu de nutriments essentiels tels que les vitamines et les oligo-éléments, de protéines, de fruits, de légumes et à tenir ses repas de
préférence à des heures régulières.
Certains régimes alimentaires traditionnels ont un impact favorable sur la santé. Les habitants de l'île Japonaise d'Okinawa ont l'espérance de vie la plus longue au monde. Leur alimentation a de nombreux points communs
avec celle du « régime
crétois » : utilisation d'huile, peu de graisses animales,
consommation de légumes et de poissons, régime frugal. Mais il semble souhaitable de se poser la question de leur microbiote pour comprendre le pourquoi de ces faits. une alimentation saine n'est pas une
privation d'aliments, mais plutôt une diversification de ces derniers!
L'alimentation rentre dans les facteurs pouvant influer sur l'espérance de vie. Ainsi, une équipe de chercheurs de l'université de Cambridge (Royaume-Uni), en partenariat avec le Medical Research
Council, a mené une enquête sur 20.244 individus pendant 14 ans (1993-2007), dont 1.987 sont décédés en cours d'enquête, afin de déterminer l'impact du mode de vie sur l'espérance de vie[1]. L'étude conclu que le "mode de vie idéal" - absence de tabac, consommation d'alcool égale
ou inférieure à un demi verre par jour, consommation de 5 fruits et légumes par jour, exercice physique d'une demi heure par jour - majore l'espérance de vie de 14 ans par rapport au
cumul de quatre facteurs de risque[2]. Le cumul des quatre facteurs de risque (tabac, alcool, manque de fruits et légumes et d'exercice physique) multiplie
le risque de décès par 4,4, trois facteurs, de 2,5, deux facteurs de près de 2 et 1 facteur de 1,4. Selon le professeur Kay-Tee Khaw, premier signataire de l'étude, "c'est la première fois
que l'on analyse l'effet cumulé des facteurs de risque sur la mortalité."[3].
Évolutions récentes dans les sociétés développées
Le mode de vie actuel dans les sociétés développées menace de mettre à mal les principes d'une alimentation saine.
L'obésité augmente régulièrement dans le monde, y compris en France
depuis 30 ans. Elle y concerne aujourd'hui 8 % des adultes et 10 % des enfants : une frange de plus en plus importante et jeune de la population. Des habitudes alimentaires
néfastes pour la santé se développent :
- consommation de sodas, crèmes glacées, desserts sucrés et produits contenant des
sucres simples;[4]
- régimes amaigrissants déséquilibrés sur le plan nutritionnel, et généralement contre-productifs
[5] car suivis plus tard de périodes d'alimentation encore plus riche;
-
grignotage d'aliments gras et sucrés (concernerait
60 % des adolescents), qui coupent la faim pour les aliments utiles;
- plats préparés comprenant trop de sel[6] (ce qui augmente très fortement l'hypertension artérielle[7] et incite à manger toujours
plus salé[8]), et peu d'aliments frais (donc moins de vitamines notamment).
- consommation d'aliments industriels contenant un grand nombre d'additifs
souvent d'origine chimique. « La plupart des aliments transformés sont tellement transformés et contiennent tant d’additifs qu’il est quasiment impossible de savoir ce que l’on mange et,
surtout, quelles seront les conséquences d’un tel type d’alimentation à moyen et long terme. » estiment en substance vers 2007 Catherine Ruchon-Vialard et Bernard Duran, auteurs d'une
enquête de trois ans sur l'alimentation[9].
L'Organisation mondiale de la
santé (OMS) a lancé une vaste campagne de promotion d'une alimentation plus saine. En France, le Programme National Nutrition
Santé (PNNS, Ministère de la santé) encourage en particulier une consommation de fruits et légumes plus importante (slogan : 5 fruits et légumes par jour).
Cependant, au XXIe siècle, une part de la population des pays développés connaît des
problèmes de malnutrition qui sont liés à la difficulté de cette population à disposer de revenus suffisants pour bien se nourrir, ce que l'on nomme sécurité alimentaire.
Paradoxalement, au XXIe siècle, une part grandissante de la population des pays
développés subit une pression pour le changement de leurs habitudes alimentaires en vue d'éviter les risques (par ex. vache folle, pesticides dans les fruits et légumes, etc.) ou de profiter des
bénéfices des aliments (par ex. fibres alimentaires, sans cholestérol, probiotiques, etc.) ce que l'on nomme le syndrome de stress alimentaire.
Situation dans les pays en voie de développement et dans les PMA
-
Amélioration quantitative :
À l'opposé des problèmes de consommation alimentaire des pays développés, la faim sévit encore dans les pays en voie de développement et les PMA.
Pourtant, les signes d'une amélioration sont visibles : l'insécurité alimentaire recule depuis un demi-siècle. Seuls 13 % des habitants de la planète sont sous-alimentés contre
37 % au début des années 1970[10]. Pour les autres la quantité d'aliments disponible pour chaque habitant atteint la limite fixée par la FAO, c'est-à-dire 2500 kilocalories par
jour.
Cependant, la sous-nutrition concerne encore 854 millions de
personnes dans le monde [11]. Pourtant, les spécialistes s'accordent pour dire que l'agriculture mondiale peut probablement nourrir 12 milliards
d'hommes[12]. La seule question qui se pose est alors celle de la distribution de la nourriture.
La sous-nutrition est due à une pénurie alimentaire pouvant être causée par :
- une instabilité politique ou à un conflit armé. Prenons l'exemple du Darfour.
- une catastrophe naturelle (par exemple des sécheresses en Mauritanie ou
des inondations en Inde).
La pénurie alimentaire entraîne une hausse rapide et importante des prix des denrées alimentaires, privant l'accès à l'alimentation pour les populations les plus pauvres. L'Afrique, l'Asie du
Sud-Est et le Moyen-Orient sont les principales régions où le manque de nourriture est le plus important.
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Amélioration qualitative :
L'alimentation des sociétés traditionnelles est basée sur un produit principal (une céréale comme le riz, le maïs, le blé), d'où une certaine monotonie dans les repas. La plupart des pays
connaissent ou ont connu ce que l'on appelle la transition
alimentaire, qui se caractérise par une amélioration plus équilibrée, où la consommation des légumes, des laitages et de la viande progresse.
Approche culturelle
L'alimentation est, avec peut être la reproduction, l'une des seules activités physiologiques de base à avoir autant stimulé les diverses cultures humaines. L'être humain a ainsi inventé une pratique
spécifique pour agrémenter au mieux les aliments: la cuisine.
Plus récemment, il a cherché à rationaliser sa pratique, créant la diététique pour répondre aux mieux à ses besoins nutritionnels.
L’approche culturelle de l’alimentation a été mis en évidence par des socio-anthropologues lors du siècle dernier. En ce sens nous ne mangeons pas que des aliments mais nous mangeons aussi des
symboles, de l’imaginaire. En effet le principe d’incorporation c’est l’appropriation des qualités des aliments par le mangeur. L’action d’incorporée donne par conséquent au mangeur les attributs
de l’aliment ingéré. Selon les lieux géographiques, le biotope et la culture de
chaque société l’aliment est surchargé de valeurs, de sens et le principe d’incorporation prend toute sa validité théorique. Dans certaines tribus comme par exemple les Massaï ne mangent pas le
tangue (hérisson) car lorsqu’il est attaqué il prend une posture de défense et se replie sur lui-même. Ce comportement est jugé par les Massaï de « lâche » et ils ne le consomment pas
pour ne pas prendre lors de l’incorporation ses attributs. Rappelons que la tribu des Massaï sont principalement des combattants. Nous ne consommons pas arbitrairement des aliments mais chaque
culture possède des codes, des usages entre le comestible et le non comestible. Nous mangeons donc par l’intermédiaire de règles et de prescriptions culturelles. Les cultures qui se trouvent dans
le même biotope aurons tendance à se différencier entre elles en choisissant leur ordre du mangeable (J-P.Poulain) respectif.Comme nous l’avons remarqué l’ordre du mangeable c’est-à-dire
le comestible et le non comestible est définit culturellement.
Pratiques alimentaires
L'être humain a développé, selon les cultures, de nombreux tabous alimentaires. Pourtant, hormis des pratiques comme la coprophagie qui ont un impact direct sur la santé, aucun d'entre eux ne semble universel. Même le cannibalisme, a ainsi été ritualisé dans certaines sociétés.
De nombreuses personnes cherchent à contrôler leur alimentation, que ce soit dans un souci esthétique, de santé ou à cause de motivations plus philosophiques. Outre le végétarisme ou le végétalisme on peut citer des pratiques alimentaires comme l'alimentation dissociée ou encore l’instinctonutrition par exemple.
Quand ces pratiques deviennent pathologiques, on parle de troubles du comportement alimentaire. Ce sont par exemple l'anorexie, la boulimie ou la compulsion alimentaire. Ils peuvent être
extrêmement invalidants